Au sein de l'écurie Shaw Brothers, Kuei Chih-Hung est le mouton noir, le perturbateur frondeur. Ses Killer Snakes ou Corpse Mania sont des sommets d'exploitation déviante (allez-y à vos risques et périls !), et il n'est guère étonnant qu'il ait été à l'origine des films d'horreur les plus fous du studio. Sa marque de fabrique ? Amener le surnaturel traditionnel sur un territoire urbain et concret où le polar se mêle aux séances d'affrontements shamaniques surréalistes. Bewitched en est un exemple emblématique, avec son flic cherchant à sauver un homme d'une malédiction lancée par une jeune fille thaïlandaise qu'il a délaissée après une brève aventure. Ne cherchez pas de subtilité dans le scénario, ni ailleurs d'ailleurs : Bewitched se savoure pour sa façon de confronter croyances ancestrales et turpitudes modernes de façon à créer des séquences aussi fauchées qu'inventives, aussi méchantes que fun. Mais cette friandise n'est qu'un avant goût du feu d'artifices concocté par Kuei Chih-Hung : The Boxer's Omen...