Pour son septième long-métrage en tant que réalisateur, le furibon de l’horreur Larry Fessenden s’attaque au mythe qui le fascine depuis l’enfance : celui de la créature de Frankenstein's Monster. S’il avait déjà effleuré ce territoire de manière détournée avec Le Syndrome de Frankenstein en 1991, il embrasse cette fois pleinement l’héritage du roman fondateur de Mary Shelley, en proposant une relecture contemporaine, intime et profondément mélancolique. Avec Depraved, Fessenden délaisse le spectaculaire gothique au profit d’un drame humain troublant, où l’horreur ne surgit pas tant de la créature que de ceux qui prétendent la façonner. Dans cette variation moderne, nourrie par les traumatismes du monde contemporain et la solitude urbaine, le cinéaste s’intéresse moins à la monstruosité qu’à la responsabilité morale de la création, à la frontière fragile entre science, pouvoir et compassion.