Second jalon d’une saga obsédée par l’absence, le silence et ce que les images taisent plus qu’elles ne montrent, Minerva confirme la singularité de Horror in the High Desert et en élargit le territoire. Plus ambitieux, le film multiplie les points de vue, densifie son dispositif pseudo-documentaire et enrichit le lore d’une histoire toujours plus trouble, sans jamais perdre de vue son objectif premier : faire naître une peur tenace, sourde, primitive. Chaque témoignage, chaque fragment d’archive semble à la fois apporter une pièce au puzzle et l’éloigner un peu plus de toute résolution possible. Le malaise s’installe alors dans cet entre-deux, nourri par l’impression persistante que quelque chose nous échappe... et nous observe. Au cœur du film réside alors un paradoxe profondément anxiogène : jamais l’envie de découvrir ce qui se cache dans l’obscurité n’a été aussi forte, et jamais le désir de s’en tenir à distance n’a été aussi viscéral.