Retour à une époque où le ciné d’Eli Roth était encore fréquentable : en 2015, le réalisateur d’Hostel revisitait Death Game, petit thriller d’exploitation de la fin des 70s qui s’amusait à malmener les codes du home invasion autant que la morale du spectateur. Curieusement plus sage que son modèle, Roth n’en maîtrise pas moins un humour noir délicieux et parvient à garder l’équilibre sur un fil moral ténu, faisant du spectateur un complice hilare plutôt qu’un voyeur lubrique. On se délecte alors de la lente déchéance de ce Keanu-limace un poil trop parfait et serviable, dont le jeu évoque indéniablement le Nic Cage des grandes heures cabotines. Bien décidé à faire imploser la cellule familiale immaculée et à joyeusement vomir sur le vernis de la bourgeoisie, Knock Knock est, en gros, l’équivalent cinématographique d’une torgnole au petit scout venu sonner à votre porte pour vendre ses cookies.