En 1980, la trend du zombie à l’italienne meurt à petit feu et est sur le point d’être achevée d’une balle dans la tête par le nulli/cultissime Virus Cannibale de Bruno Mattei. Umberto Lenzi accepte cette coproduction italo-mexicano-espagnole après le refus d’Enzo Castellari, mais demande à modifier le scénario pour faire des morts-vivants les victimes d’une catastrophe nucléaire, afin de refléter les conséquences tristement réelles du désastre chimique de Seveso, qui a eu lieu quatre ans plus tôt. Les monstres du film deviennent donc des « infectés », véloces et capables d’utiliser des armes. Lenzi vient sans le savoir de signer l’un des films précurseurs du renouveau de la figure du zombie, qui culminera avec 28 Jours Plus Tard et ses descendants. Mais surtout, son croisement entre un traitement ultra sérieux et une violence follement bis, qui franchit allègrement les limites gore afin de cocher goulûment les cases commerciales du ciné d’exploitation, en fait le modèle affiché du génial Planète Terreur de Robert Rodriguez. Et sa fin est à juste titre entrée dans la légende : à ce jour, toujours impossible de dire si c’est un coup de génie, ou un foutage de gueule éhonté. Certainement un peu des deux, et c’est pour ça qu’on l’aime.