Maître incontesté du found footage (sur une filmographie d’une centaine de films, plus de la moitié s’y frottent !), Kōji Shiraishi lance en 2012 une saga horrifique comme le cinéma en a rarement enfanté : Senritsu Kaiki File Kowasugi!, littéralement « Dossiers de phénomènes étranges à vous glacer le sang : trop flippant ! ». Restons sobres : bienvenue dans Les Dossiers Paranormaux. Dix films, dix enquêtes qui explorent le folklore nippon et les légendes urbaines, avant de déraper vers des territoires toujours plus improbables. Avec un budget rachitique et une inventivité qui confine au génie, Shiraishi embrasse tout ce que le faux documentaire a à offrir en termes de narration et de mise en scène. Images scrutées au ralenti, indices dénichés au détour d'un plan, caméra embarquée au plus près de l'action (Shiraishi tient lui-même la caméra et incarne Tashiro, le caméraman de l’équipe)… Pour ouvrir le bal, le papa de Noroi s'attaque à la légende de Kuchisake-onna et nous introduit à un trio d'enquêteurs qu'on n'est pas près d'oublier : la courageuse Ichikawa, l'imperturbable Tashiro et surtout Kudo, chef d'équipe et grande gueule imprévisible, dont les méthodes d'investigation tiennent davantage du bourrinage forain que de la rigueur journalistique. Une mise en bouche (fendue) jubilatoire qui pose les bases d'une mythologie qui ne cessera de gagner en folie lors d’une saga qui va aller très, très loin… et, on l'espère, droit dans vos cœurs.