Pour son premier long métrage à part entière, Lucky McKee frappe fort. Non pas que May soit une outrance gore underground ou un déferlement de jump scares malin... Non, May est tout autre chose, une denrée rare au final : un beau film. Une étude de caractère subtile et perturbante, touchante et déstabilisante, qui racle la nature humaine à l'os pour dresser un magnifique portrait de freak et écrire dans le sang une histoire d'amour tragique. Solitude urbaine, aliénation du quotidien, impossibilité de communiquer : autant de sujets passionnants élevés par un langage cinématographique qui doit autant à De Palma et Whale qu'à Araki et Scorsese. Vous êtes prévenus : jamais vous n'oublierez May.