Magnifique premier film que celui de l’Australienne Natalie Erika James. Avec ce trio de femmes liées par le sang mais émotionnellement désaccordées, la réalisatrice aborde la fin de vie, la difficulté à communiquer et l’héritage affectif pour en faire les moteurs d’une horreur insidieuse, intime et inexorable. La maison, gangrenée par les secrets, devient alors la caisse de résonance d’angoisses humaines et familiales qui se propagent entre les murs comme une maladie incurable. Celle-ci atteint sa phase terminale dans une dernière demi-heure prodigieusement terrifiante, où le traitement de l’espace évoque à bien des égards celui du mémorable Silent Hills P.T. Depuis, la cinéaste n'a fait que confirmer, d'abord avec le très estimable Apartment 7A, préquelle officielle de Rosemary's Baby, et surtout avec l'ambitieux Saccharine, exploration des troubles dysmorphiques et de l'alimentation via le prisme de la body horror et du film de fantôme.