Difficile de ne pas voir, dans cette quête de réussite au cœur de la Cité des Anges, un reflet du parcours de sa réalisatrice, Racheal Cain, qui a dû lutter pendant des années pour porter ce premier long-métrage à l’écran. Animé par la présence magnétique et profondément empathique de Chloë Levine, Somnium est une belle petite réussite, qui aligne plusieurs séquences d’horreur particulièrement marquantes, puisant notamment dans une certaine esthétique du survival horror (on pense à Madison ou à Outlast 2 et ses séquences de cauchemar scolaire). Côté cinéma, on pourrait qualifier le film d’un croisement modeste mais sincère entre Mulholland Drive et Come True (Anthony Scott Burns), où la frontière entre l’éveil, le rêve et la folie se dissout plan après plan. Car ici, les rêves - ceux de la nuit, ceux de nos vies, ceux que l’on a laissés mourir - sont autant de phares que de gouffres. Ils nous guident, nous élèvent, nous obsèdent… mais il suffit parfois d’un seul pas de travers pour qu’ils se referment sur nous, consumant notre âme.