Avant que Mike Flanagan ne devienne la référence en termes d'adaptations de Stephen King, ce rôle revenait à Frank Darabont. Déjà derrière Les Évadés et La Ligne Verte, il porte à l’écran en 2007 la nouvelle Brume publiée en 1980 et dont l’horreur lovecraftienne a depuis nourri tout un pan de l’imaginaire fantastique (coucou Silent Hill, Half Life, Fog…). Derrière son allure de monster flick parfaitement généreux, le film glisse vite vers une horreur sociale et psychologique, brossant un portrait particulièrement sombre de la nature humaine et s’inscrivant dans la lignée d’un cinéma américain post-11 Septembre hanté par la fragilité du lien social face à une menace extérieure. Le supermarché devient le microcosme d’une Amérique autodestructrice, rongée par la peur de l’autre et par ses instances de pouvoir, qu’elles soient politiques, militaires ou religieuses. Darabont accompagne cette descente aux enfers d’une mise en scène nerveuse qui renforce l’urgence d’une survie impossible. Et puis il y a cette fin, l'une des plus cruelles et mémorables du cinéma fantastique, qui prend à contre-pied le récit original. Stephen King lui-même a reconnu qu'il aurait aimé en avoir eu l'idée.