Fort de dizaines de pubs et de courts-métrages à son actif, Hugo Keijzer signe avec The Occupant un premier long-métrage d’une maîtrise formelle impressionnante, porté par un sens de l’image assez unique. Ce survival pas comme les autres alterne habilement tension pure et moments de contemplation, le tout au cœur d’une nature aussi hostile que magnifique. Face à elle, Ella Balinska est impressionnante en survivante à bout de souffle, prise au piège entre la violence des éléments et une présence surnaturelle inquiétante. À la fois drame intime sur le deuil, thriller de survie énervé et récit de SF métaphysique, The Occupant est un ambitieux mélange qui évoque par moments le cinéma d’Alex Garland, notamment Annihilation, dans sa manière de mêler beauté sidérante, angoisse diffuse et vertige cosmique. Car, tandis que l’héroïne s’enfonce dans ces montagnes désolées, c’est une bouleversante descente aux enfers qui se dessine…