Rape and revenge d’une rare âpreté, Violation se distingue en refusant toute forme de spectaculaire ou de catharsis. Là où le genre met souvent en scène une vengeance outrée et jouissive, le film choisit au contraire de s’ancrer dans une réalité brute : celle de la banalité de l’agression sexuelle, de sa proximité, de son ambiguïté apparente. Rien ici n’est romancé, rien n’est simplifié. Violation montre comment la violence peut se loger dans l’intime, dans le quotidien, dans des rapports de confiance que l’on croyait acquis. Le parcours de son héroïne, profondément douloureux, ne cherche jamais à produire un soulagement, mais à nous confronter à l’onde de choc psychique, physique et morale laissée par l’agression. Un grand film inconfortable, porté par une violence rare, une intelligence aiguë et une subtilité glaçante.