Longtemps éclipsé par l’ombre de son compère Jaume Balagueró, avec qui il a coréalisé [Rec], Paco Plaza a souvent livré, en solo, des films décevants et impersonnels (Les Enfants d’Abraham, L’Enfer des Loups). Jusqu’à 2017, année où il étonne avec l’efficace Verónica. Une mise en bouche avant cet Abuela, conte cruel sur la vieillesse qui part d’une idée simple : enfermer dans un lieu clos la perfection de la jeunesse et l’inéluctabilité de la sénescence afin de provoquer une terreur existentielle. Et ça fonctionne du feu de Dieu : Plaza maîtrise ses effets, soigne sa tension et installe un climat de plus en plus étouffant et délétère qui donne un beau terrain de jeu à son épatant duo d’actrices. Fréquemment traversé d’éclats de pure peur, Abuela est l’un des plus beaux poèmes d’horreur dédiés à la fin de vie.