Roi incontesté de l’horreur indonésienne, Joko Anwar a prouvé avec son ambitieuse filmographie qu’il était à l’aise dans tous les registres. Ce qui lui permet avec Ghost in the Cell de mélanger avec une fougue de jeune premier une ribambelle de genres (film de prison, horreur, baston, comédie, fantastique ésotérique, critique sociale) sans jamais ternir la cohérence d’un spectacle absolument total, qui ose toutes les ruptures de ton pour embarquer le spectateur dans un ride furieusement jouissif. Entre deux visions gore digne d’un Hellraiser, Ghost in the Cell sait tour à tour se montrer touchant, politique, hilarant : un spectacle total qui ose tout et rappelle que le cinéma est capable de tous les tours de magie. Ah, et le film a probablement inventé les battles d'aura en fait, y'a quoi.