Pendant près de trente ans, personne n’a jamais vraiment su qui se cachait derrière Last House on Dead End Street. Et pour cause : Victor Janos, son réalisateur, et Steven Morrison, son acteur principal, n’existent pas. Des pseudonymes, comme ceux utilisés par toute l’équipe. Le film, une histoire de cinéaste fou cherchant à filmer de véritables tortures, circule dans les années 70 et 80 au sein des circuits underground, sous plusieurs titres et dans des copies de plus en plus dégradées. De quoi alimenter une rumeur tenace : il s’agirait d’un authentique snuff movie. Derrière tout ça se trouve en réalité Roger Watkins, étudiant à la State University of New York lors du tournage. Il shoot le film avec quelques milliers de dollars et ses potes étudiants, dans un bâtiment désaffecté du campus. Il partira ensuite travailler dans le porno et ne racontera l’histoire du tournage qu’au début des années 2000, mettant ainsi fin à trois décennies de spéculations. En reste aujourd’hui une capsule punk, crasseuse et pleine de rage, toujours aussi malaimable. Un geste créatif fou dont la collision entre réalité et fiction, au cœur même de son récit comme de son exploitation, en fait encore un fascinant objet de cinéma interdit.