En 2004, deux jeunes Australiens encore inconnus, James Wan et Leigh Whannell, s’apprêtent à réussir l’un des plus gros hold-up de l’histoire du cinéma d’horreur. Leur mise de départ : un budget dérisoire et une idée diabolique. Tourné pour à peine plus d’un million de dollars, Saw était initialement destiné au marché vidéo mais son passage remarqué à Sundance change la donne et Lionsgate lui ouvre les portes des salles obscures. Jackpot : plus de 100 millions de dollars de recettes mondiales et la naissance de l’une des franchises les plus lucratives du cinéma d’horreur. Plus de vingt ans après, le Saw "originel" n’a rien perdu de son efficacité. Souvent considéré comme l’acte fondateur du torture porn, le film mise pourtant bien plus sur le tourment des méninges que celui des corps. Wan et Whannell construisent leur récit comme une bombe à retardement, un puzzle machiavélique dont les pièces s’assemblent jusqu’à un ultime retournement devenu légendaire. Une leçon de suspense et de story telling, dont le piège le plus redoutable reste celui tendu au spectateur lui-même.