The Devil’s Rejects a beau être la suite directe de La Maison des 1000 Morts, il n’en partage guère que ses protagonistes meurtriers et la vision d’un cinéaste qui n’a aucune envie de se répéter. Exit l’épouvante bariolée et le freakshow carnavalesque, place à la sécheresse nihiliste, à la brutalité crasse et à une misanthropie poussée dans ses derniers retranchements. Avec ce road movie poisseux en terres white trash, Rob Zombie embarque ses monstres dans une fuite en avant sanglante à travers la carcasse de l’Amérique rurale, convoquant aussi bien le western crépusculaire de Sam Peckinpah que la sauvagerie du cinéma d’exploitation des 70s. Portrait d’un monde sans foi ni loi, où les bourreaux deviennent des proies, où les victimes se changent en tortionnaires et où toute frontière morale finit par voler en éclats, The Devil’s Rejects explose nos repères et perverti notre empathie. Jusqu’à nous faire éprouver, contre toute raison, une forme de tendresse pour les pires ordures qui soient. Un chef-d’œuvre noir, nihiliste et furieusement rock’n’roll, qui achève de pulvériser nos certitudes morales dans un final d’anthologie, pied au plancher, droit vers l’enfer.