À la croisée du slasher crasseux, du thriller psychologique et du délire baroque, The Killer of Dolls s’impose comme une anomalie fascinante tout droit surgie des seventies. Si le film s’appuie sur un trope problématique (celui du "grand méchant queer"), le recul et la remise en contexte (nous sommes en 1975) permettent d’en savourer la singularité : un Maniac avant l’heure où le plastique beige des mannequins et des poupées alimente les pulsions morbides et la démence de notre tueur. Prédation infantile, décapitations en série et névroses nécrophiles : cette dinguerie déviante venue d’Espagne séduira les regards curieux autant qu’elle fera lever quelques sourcils circonspects. Le film convoque aussi bien Bava, Buñuel que Hitchcock et parvient pourtant à rester étonnamment entier, et même plutôt cohérent. Les décors baroques du Parc Güell et le jeu outrancier de David Rocha viennent parachever comme il se doit cette joviale orgie filmique.